vendredi, 18 juillet 2008
LA ROSE REBELLE (Linda Holeman)
Voici un roman pour l’été (505 pages) exotique et plus ou moins d’actualité .mettant en scène une jeune Afghane tadjik .
Daryâ née dans un village en Afghanistan , a le malheur d’être une fille , c'est-à-dire totalement livrée au bon vouloir de son père d’abord , puis dés l’âge de 14 ans de son mari dont elle faut la connaissance seulement le lendemain de son mariage .
Elle sera donc exilée dans une tribu ghilzai nomade à la suite d’une malédiction qui la discrédite dans son village et réduite à l’état d’un « objet » sans valeur pour n’avoir pas donné d’enfant et principalement un garçon à son mari .
Elle s’enfuira ………
Extrait : P 122 : « Ma gorge se serra.
-Est-ce que Padar (papa) a vu le fils ?
- Non , mais il dit que ce chef est un personnage remarquable……..
- Par conséquent Padar a conclu un contrat ?
- Oui le chef ghileai va lui donner trois beaux (chevaux) kaboulis dans la mesure où les conditions seront remplies
-Conditions ?,……….
-La condition principale est que tu sois pure , m’apprit elle……Tu dois comprendre …..la tribu ne se séparera pas de trois de ses meilleurs chevaux si tous les détails d’un arrangement de mariage ne sont pas parfaits…….deux femmes ghizais respectées vont venir cet après-midi . Ce sont elles qui s’assureront de a pureté.. Elles sauront comment s’y prendre. »
P 193 : « - Oui , dis je , je crois que l’on peut changer un vie à force de détermination et de foi en ses propres facultés, mais seulement si l’on est un homme , Kaled . Un homme peut forger son avenir ;il appelle cela la volonté d’Allah……..
L’avenir d’une femme ……peut prendre une forme dans la simple mesure où l’homme qui la possède le désire, car elle ne maîtrise rien et n’a pas voix au chapitre. Elle n’a aucune liberté. »
P 282 : « Mon mari me battait constamment. C’était un être méprisable et cruel auquel mon père m’avait vendue pour se débarrasser de moi……..Et lorsque mon mari a obtenu la preuve que je ne valais rien , parce que je ne lui avais pas donné d‘enfant –de garçon- , il a voulu me tuer » …..Je me suis enfuie pour sauver ma vie »
P 385 : « Je connais une histoire à propos d’une rose , dis-je . Une rose et un rossignol. Je la tiens de ma grand-mère. Elle est très ancienne .C’est une histoire qui se racontait traditionnellement au zénana là où les femmes parlaient la nuit pour oublier la tristesse que leur inspirait le fait d’être séparées de leur maison , de leur famille .
…….Dans de nombreux pays , les rossignols étaient les plus précieux des oiseaux …….Un jour un rossignol admirait la beauté d’une rose endormie , et il chantait pour elle dans les ténèbres bénies par la lueur de la lune .La rose fut réveillée par cette voix de velours.
C‘était une rose blanche , comme toutes les rose de cette époque .Blanche , innocente et pure .Virginale , dis je .Ce chant fit frémir le cœur de cette rose innocente et chaste , et elle trembla sur sa tige . L’oiseau s’approcha , aveuglé par le reflet de sa beauté blanche au clair de lune , et il lui chanta son amour dans un murmure. Je t’aime , rose. Comme je t’aime ,car tu ressemble à rien de ce que j’ai connu .
cette déclaration fit rougir le cœur délicat de la rose, et cet instant marqua la naissance des roses roses ..Le rossignol se rapprocha de plus en plus, et bien qu’Allah eut interdit aux roses de connaître l’amour quand il avait crée le monde , la rose ouvrit ses pétales et le rossignol se posa sur elle et lui déroba sa virginité . Le matin , la rose honteuse de s’être abandonnée et consciente d’avoir déplu à Allah , se colora en rouge vif ..Ainsi naquirent les roses rouges. Depuis lors , le rossignol qui a connu cet émoi merveilleux vient chaque soir réclamer à nouveau cet amour divin .Mais vous vous apercevrez que les pétales de la rose restent tristement fermés toute la nuit , même si le chant du rossignol la fait frémir . Car il s’agissait d’un amour impossible. »
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lundi, 07 juillet 2008
LE DIABLE L'EMPORTE (Sébastian Faulks)
James Bond repris par Sébastian Faulks
Pour les inconditionnels de James Bond nostalgiques des années 60 où même les espions avaient un code de l’honneur . Bien sûr on y retrouve tous les clichés de l’agent secret 007 superman , super séducteur , super intelligent , mais aussi vaguement sentimental et alcoolique quand même ne pouvant se passer de son verre de wiski toujours de première qualité et de cigarettes spécialement confectionnées à son intention ……Bon ! on se prends à regretter cette époque où la guerre froide était presque plus acceptable que le terrorisme sournois tout en constatant que la fiction n’est parfois pas si loin de la réalité que l’Amérique a connue le « 11 septembre »
Extraits P 30 : St Tropez «Comme ce petit port de pêche avait du paraître enchanteur aux yeux des premiers visiteurs anglais , avec la douceur de son atmosphère sa brise parfumée et la simplicité quotidienne……Mais aujourd’hui , songeait Bond, le décor ressemblait de plus en plus à Blackpool , avec ses hôtels bon marché , ses hordes de touristes , ses jeunes chevauchant des scooters et des vélomoteurs pétaradants . »
P 75 : Scarlett «Bond regarda ses jambes élancées , dénudées jusqu ‘à mi-cuisse, pendant qu’elle se dirigeait vers le secrétariat avec un léger balancement des hanches. »
P 173 : « Une fois à l‘hôtel , Bond demanda leur meilleure chambre . L’employé à la réception lui tendit la clef, en contemplant d’un air suspicieux la silhouette à demi ensanglantée de Bond.
-Mes bagages , vont suivre, expliqua Bond .vous n’aurez qu’à donner au chauffeur le N0 de ma chambre . »
P 200 : « L’opium est cher , poursuivit Gorner , mais particulièrement prisé .Le plus important cartel de trafiquants que le monde ait jamais connu – avant ma modeste entreprise- est bien sûr celui que l’empire britannique avait mis en place .Vous avez mené deux guerres de l’opium contre la Chine, pour essayer de lui rafler le monopole du trafic, et vous les avez perdues l’une et l’autre .. Par le traité de Nankin , en 1842, les Anglais ont mis la main sur Hong Kong et ouvert cinq nouveaux ports au trafic de l’opium, transformant du même coup des millions de chinois en drogués hébétés ……Je ne fais rien d’autre aujourd’hui que les Anglais n’aient déjà fait avant moi. ».
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lundi, 30 juin 2008
LES GRANDES ESPERANCES DU JEUNE BEDLAM (George Hagen)
Une opposition entre une philosophie de la « MORALE » plus ou moins religieuse , fanatique , libertaire ou politique qui forge la « DESTINEE » de l’être humain et le responsabilise envers Dieu
ou le Pouvoir Suprême dont les décisions lui assurent une « Destinée » en le déresponsabilisant .
Dans les deux cas son destin ne lui appartient plus.
Au début du XXeme siècle Tom Bedlam , dont la mère est totalement téléguidée par sa morale religieuse et le père complètement irresponsable et narcissique , est d’abord livré à lui-même, puis ,au décès de sa mère, confié à une institution « sévère » . Il deviendra médecin , cherchera l’âme sœur qu’il trouvera , fondera une famille de trois filles et un garçon qu’il s’efforcera de guider de façon « RESPONSABLE » .
Cette saga familiale le conduira de l’Angleterre à l’Afrique du Sud , de la paix à la guerre , aux joies et aux deuils dont il ne sortira pas indemne.
Extraits : P 148 : « -Rappelez-vous ceci,Tom : le pouvoir corrompt tous ceux qui s’en approchent , pas seulement ceux qui le détiennent . Rachetez-vous par vos actes futurs et bâtissez vous une vie ».
P 203 : « - Les grands hommes, Tom , font d’abominables époux. Les grandes découvertes sont l’œuvre des égoïstes : des obsédés , des voraces . Un homme satisfait ne change rien à la face du mondes ».
P 224 : « Un départ précipité augure d’une traversée mal équipée .Le mariage Chapel toutefois , était fondé sur l’affection et le respect mutuel, Bien ou mal « équipés » ils se sentaient prêts à relever le défi de la parenté ».
P 266 : «- Il existe , Arthur, un lieu dans l’au-delà pour les grands musiciens qui ont composé la musique que vous jouez . Et dans ce lieu , ils sont obligés de s »écorcher les oreilles aux interprétations les plus exécrables de ce qu’ils ont écrit. Bon , alors essayons de moins faire souffrir Monsieur Bach, vous voulez bien ? »
P 292 : « Quand mon fils a eu dépassé l’âge des genoux couronnés quand il n’a plus risqué de se faire vider les poches par les voyous, je n’ai pas pour autant été soulagée de la charge de mes soucis. Certes , il était assez grand pour gagner a vie , les moi je me rongeais désormais en songeant à ce que lui réservait le vaste monde .Je me suis intéressée aux puissances supérieures qui allaient gouverner sa vie- l’honnêteté des individus , la vertu des autorités, la générosité de la société envers les faibles et les malheureux, et enfin la paix entre les peuples.
Tu vois ,Tom , une fois qu’on a endossé le fardeau de la parenté, on se trouve malgré soi à l’affût de la façon dont s pratique la justice dans la cour de récréation et , par voie de conséquence , da,s l’arène du monde .»
P 343 : « Ce que lui dit ensuite Harvell lui parut inaudible ( tranchée guerre de 14) Il n’entendait plus que son cœur qui cognait dans sa poitrine- la machine de la vie-,un martèlement incessant, désordonné, qui lui rappelait qu’il avait survécu là où son ami avait péri, sans raison valable. La différence entre la vie et la mort s’était résumée à un pas , à une demi seconde , au temps qu’il avait fallu à Vardy pour sortir sa dernière boutade. »
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lundi, 16 juin 2008
LE SOIR DU VENT FOU (Michel Jeury)
Le troisième tome de la trilogie « Les promesses de la terre » : Vincent , adulte maintenant , a réussi son parcours scolaire .
Devenu instituteur , il est nommé comme remplaçant d’une institutrice en arrêt maladie , dans un petit village de Dordogne , pour une durée de quinze jours .
Mais le sort en décide autrement et il y restera dix ans !
C’est aussi un peu l’aventure qu’aura connue l’auteur du livre.. Il nous fait onc partager ses angoisses, ses espérances , …..son intégration aux habitants du village mais aussi ses amours d’un jeune homme célibataire ……en ce temps là un peu naïf et plein de bonnes intentions et de justice .. Il se chargera en outre de démêler une sombre histoire de meurtre vieille de vingt ans qui empoisonne la communauté du village.
Extraits : P 130 «- Il faut que je vous dise tout, ça me fera du bien !
Je ne sais d’où je tenais cette certitude : si une femme vous annonce qu’elle va TOUT vous dire , c’est qu’elle se prépare à vos cacher l’essentiel »
P 165 : « - Je vais te parler de mon père pour que tu voies à quel point il pousse la passion de son métier . Il a inventé un rite pour ses candidats reçu au certificat . C’est devenu une récompense à laquelle les arçons tiennent beaucoup . Après l’examen , il joue une partie de bille avec chacun d’eux . Et chacun doit lui gagner une bille. Il joue plutôt bien et ce n’est pas facile pour certains .t cette bille gagnée à mon père , le garçon doit la conserver jusqu’à son mariage et si possible toute a vie !
Il peut s’en servir dans n’importe quelle circonstance de sa vie pour se rappeler ses rêves et se espoirs……Et ils voient la tête de mon père ! et ils se voient du temps où ils étaient avec lui, tels qu’ils étaient à cet âge. Et ils se rappellent un peu ce qu’il leur a dit , les espoirs qu’ils ont partagés avec lui. C’est une espèce de pense-bête pour la vie …….
Un jeune postier nous a raconté son mariage à Paris. Cette fois la bille a failli causer un scandale et les beaux-parents étaient presque prêts à reprendre leur fille.
Le grand jour venu , le postier avait sa bille dans la poche de son beau costume . Il la faisait rouer dans es doigts en se disant : pense à Béraudier . soit digne de la classe de fin d’études de 1937 , la meilleure qu’il y ait jamais eu à Reversac ! A la mairie di treizième arrondissement il l’a sortie de sa poche par distraction. Elle lui a échappée, elle a roulé à terre. Ila crié : « la bille , la bille de Béraudier ! »C’était l’objet le plus précieux qu’il ait jamais possédé .Il y tenait plus qu’à l’alliance qu’il allait bientôt passer au doigt de sa fiancée. Il s’est mis à quatre pattes dans la salle des mariages et il a poursuivi la boule dans les jambes des invités . Quelques uns ont cru qu’il, était devenu fou .et plusieurs années après son beau-père n’est toujours pas rassuré .
Enfin , le postier a retrouvé sa bille et il l’a encore .Il me l’a montrée. Il en est extrêmement fier. Mon père aussi. Voila pourquoi c’est un artiste. »
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mardi, 10 juin 2008
UNE ODEUR D'HERBE FOLLE (Michel Jeury)
Avec un clin d'oeil à Maie Zette!
La suite de la trilogie de Michel JEURY , après « Le vrai goût de la vie ».
Vincent Lerouge est devenu un adolescent curieux et plutôt « en avance » pour son âge .On devine que ce Vincent n’est autre que l’auteur agrémenté et romancé . Cela se passe toujours dans l’environnement de cette Dordogne attachante et profonde (pour ceux qui y ont vécu) .
En outre aussi pendant la période de guerre de l’occupation , de la résistance puis du début des trente glorieuses.
Vincent découvrira les premiers émois amoureux et apprendra en outre à détecter « l’odeur des herbes folle » qu’un bon agent d’affaires sait humer pour sélectionner les bonnes terres de culture !
Extraits : P 158 :« De jour ou de nuit , j’allais d’instinct vers les endroits les plus sombres , comme pour chercher « le secret » dans l’obscurité profonde. A la mare noire l’air grinçait de la musique des grenouilles . Je guettais les reflets et les bruits : un clapotis , un murmure de vent , un friselis d’herbes froissées ou de feuilles battues . De vieux chênes étirés par l’ombre et fourrés de lierre mêlaient leurs têtes au-dessus d’une flaque d’eau croupie… »
P 182 : « Une jeune femme autoritaire et distraite, Mlle Blancaneix , que nous appelions Blanchefesse , venait quelques heures par semaine nous faire le dessin , la musique et la gym,astique . Le curé s’était fâché à son sujet :
-Il n’est pas convenable qu’une femme enseigne la gymnastique à des garçons !. ………Mlle Blancaneix proposa de mettre un pantalon . Il le lui avait interdit l’année dernière : pas convenable non plus . »
P 225 : « Jeannette me semblait bien moins ivre que je ne l’avais cru .Mais elle se mit à soupirer et à geindre.
- J’ai très sommeil , aide moi à me déshabiller.
Je commençai donc par les souliers. Elle défit ses jarretelles , retomba inanimée sur son lit et ma pria de lui ôter ses bas .J’avalais ma langue à moitié , mes mains salaient le bouilli, j’avais l’impression d’être plus saoul qu’elle . Il me fallut déboutonner sa robe et l’aider à ôter ses sous vêtements un à un .Malgré la fraîcheur de la pièce , à peine chauffée par la cheminée de la bibliothèque , j’en avais la sueur au front . J’aurais autant aimé être à la messe de minuit .
Elle se laissa aller dans sa chemise de nuit comme un jambon dans un sac. L’odeur de sa peau me coupa le souffle. Son rire m’accompagna tandis que je m’enfuyais . »
P 323 : « Je revins en serrant la rose dans mes doigts rougis . Le couchant s’empourprait…..Je me penchai vers Jeannette et lui tendit la rose . Elle me regarda d’un air mi-rieur, mi-boudeur, les mains croisées derrière la nuque, la poitrine tendue , puis elle baissa les bras , touchée mais incrédule.
J’approchais lentement la fleur de son visage .
-Je te l’offre.
Sur ces mots simples , bien trop simples pour mes rêves , ma voix s’étrangla un peu . Et je vis les yeux de Jeannette se mouiller. Elle prit en même temps , avec brusquerie , la rose de mes doigts.
-C’est la première fois de ma vie qu’on m’offre une fleur ! »
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samedi, 07 juin 2008
TUER OU MOURIR (Gwyn Griffin)
Emil , commandant allemand d’u U-boat pendant la deuxième guerre mondiale a pour mission de détruire tout navire allié , même commercial afin de rendre le plus efficace possible le blocus de ravitaillement de l’Europe par l’Amérique.
Ayant localisé et coulé un cargo anglais , Emil est confronté à la règle imposée par son commandement de ne laisser aucune trace matérielle ou de vie sur la zone de naufrage afin d’empêcher toute possibilité de localiser ou de rattraper le sous-marin : donc tuer ou mourir .
A la fin de la guerre , seul le commandant du cargo ayant survécu , Emil est fait prisonnier et jugé par un tribunal militaire .
Sachant que selon la règle maritime , tuer des naufragers réfugiés sur des bateaux de sauvetage est considéré comme un crime puni de la peine capitale .
L’intensité dramatique de cet acte de guerre et ensuite du procès d’Emil est restée gravée dans ma mémoire , bien que ce livre date des années 1970 qui mérite d’être lu (ou relu) .
Extrait P 56 : « Mais il n’y avait plus aucun rescapé , si les épaves étaient détruites ou suffisamment dispersées, après au besoin que tout ce qui flottait encore de trop apparent eut été mis en pièces alors la situation changeait du tout au tout. Après plus de cinq ans d’hostilités , les routes maritimes étaient étaient parsemées d’épaves de toutes sortes ……..Aucune recherche aérienne systématique dans un secteur précis ne pourrait être entreprise sur des données aussi vagues et sur le témoignages de restes aussi dépourvus de signification. »
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mardi, 03 juin 2008
LA CATTHEDRALE DE LA MER (Ildefonso Falcones)
Un pavé de plus de 600 pages , un roman qui s’appuie sur des faits historiques survenus en 1320-1384 en Catalogne ,plus précisément à BARCELONE qui était alors une cité de 40000 habitants .
Cette aga familiale tragique et médiévale tient le lecteur en haleine pendant les 610 pages du livre et mérite bien son succès international .
Arnau Estanyol , fils de serf bastaixos (porteur de pierres pour la cathédrale) , puis cambiste banquier , consul de Barcelone , puis déchu par l’inquisition……..mais toujours homme de cœur !
Extraits : P 86 « Si la femme (accusée d’adultère) emporte le combat elle retrouvera son honneur et restera aux côtés de son époux qui prendra à sa charge tous les frais de la procédure .En revanche , si elle est vaincue elle sera à la disposition de son mari avec tout ce qu’elle possède…….la cour ordonne que le dénommé Ponç , s’il veut que lui soit remise ladite Joana , donne une caution convenable et l’assurance qu’il la prendra dans sa propre maison , dans un endroit de 12 empans de long, 6 de large et 24 empans de haut . qu’il lui donne une paillasse pour dormir et une couverture qu’il creuse dans l’endroit en question un trou pour que ladite Joana puisse satisfaire ses besoins corporels et ouvre une fenêtre par laquelle on lui passera sa nourriture….. »
P 217 : « Les sages affirmaient que la femme était également par nature , froide et flegmatique . Or nul n’ignorait que lorsque quelque chose de froid vient à s’allumer , il brûle avec une grande force. D’après les sages la femme était en définitive l’antithèse de l’homme, c'est-à-dire déraisonnable et insensée…… » !!!!!!
P 247 : » Depuis que son mari l’avait fait venir à l’atelier pour lui montrer les plaies de l’apprenti qui avait osé la regarder , Aledis espionnait les jeunes employés de son époux .Elle découvrit qu’ils se rendaient souvent la nuit au jardin où ils retrouvaient des femmes qui sautaient le mur pour venir s’unir à eux .Les garçons qui avaient accès au matériel et aux outils savaient fabriquer des sortes de capuchons en cuir très fin qui , dûment graissés s’adaptaient au pénis avant de forniquer ……..Aledis n’eut aucun mal à se glisser dans le dortoir des apprentis et à s’emparer de quelques uns de ces capuchons ; ces précautions prises , elle s’adonna alors librement à la luxure avec Arnau ».
Notes de l’auteur :
P 609 : « Le droit de coucher avec la mariée lors desa nuit de noces était un droit des seigneurs sur les serfs qu’autorisaient les « usatges » …….les jugements arbitraux de Guadalupe , en 1486 , les abolit en contrepartie d’une indemnité considérable versée aux seigneurs privés de leurs droits «
P 610 : « Dans la Catalogne médiévale …….ceux qui s’adonnaient au stupre pouvaient en effet épouser leur partenaire , même en cas de séquestration violente (et de viol) par application de « l’usatge Siquis virginem »
P611 ; « En 1367 , suite à la profanation d’une hostie , et après avoir été enfermés dans une synagogue sans eau ni nourriture , trois juifs furent exécutés par ordre de l’infant Jean , lieutenant du roi Pierre » .
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lundi, 12 mai 2008
LES CAUSES PERDUES (J.C. Rufin)
Dans ce livre J.C. Ruffin revient sur ce pays , l’Ethiopie , qui l’a si fortement marqué et qui fut l’inspiration de ses deux romans «L’Abyssin »
Ici c’est un ex-colonisateur italien , Hilarion Grégorian ,d’origine arménienne et ses carnets de souvenirs face aux problèmes humanitaires …….qui , hélas , sont toujours d‘actualité .
Extraits P 70 : « La misère arrive , et avec elle , la guerre Alors , bientôt , ce n’est plus la misère mais la famine , la vraie , complète , terrible sans pitié Que font les nations riches pour nous aider ? Elles envoient leurs camions de nourriture et leurs équipes de médecins. Le résultat est satisfaisant à court terme : on nourrit les affamés . Mais les conséquences plus lointaines sont désastreuses. Tous ces enfants sauvés , ces vieillards , ces femmes sont autant de bouches à nourrir demain , sur ces mêmes terres épuisées. Et toutes ces aides déversées sans discernement sur cette zone avantagent autant les rebelles que les civils . Le plus souvent on ne peut d’ailleurs pas les distinguer .C’est la guerre que ’on nourrit. . Demain , quand l’aide étrangère s’arrêtera , que restera t il ? Une guerre plus violente, des terres plus ravagées ,et une population plus nombreuse et plus misérable . »
P 123 : « Il m’est apparu tout à coup que Saba n’avait jamais fait avec ce roi (Salomon) que ce qu’elle avait décidé .Tout son art était de persuader ce pauvre homme qu’il avait son mot à dire. Elle l’a laissé ourdir un misérable piège pour obtenir ce qu’elle n’était que trop décidée à accepter . Faire vouloir à l’autre ce que l’o,n veut , tout en paraissant le lui refuser…Voila tout l’art » .
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lundi, 05 mai 2008
2030 LE KRACH ECOLOGIQUE (Geneviéve Férone)
Geneviève FERONE est directrice du développement durable du groupe VEOLIA environnement Elle publie cette avertissement aux dirigeants et demande à nous citoyens d’ouvrir les yeux sur l’avenir de notre planète
On sort de cette lecture en ayant le sentiment d’être embarqué dans un TGV fou et incapable de s’arrêter avant de foncer dans le mur
Bien sûr c’est à lire !
Extraits P 187 : Pour le CO2 « Le scénario vertueux de l’anticipation ne se réalisera pas Il est trop tard Nous allons vivre le scénario de l’urgence »
P 235 : « Sur la même page d’un journal , nous recevons deux messages complètement contradictoires : d’un côté un article déplore la faiblesse du pouvoir d’achat qui est une catastrophe pour la relance de la consommation ……De l’autre côté nous lisons que le décollage économique des dragons asiatiques met en péril les grands équilibres vitaux deal planète »
P 261 : « Ceux qui gouvernent entretiennent notre schizophrénie , enregistrent nos plaintes et flattent notre immaturité mais ne sont certainement pas chargés de promouvoir un autre projet de société Infantilisés , nous nous tournons pour régler les problèmes vers nos dirigeants, lesquels en retour n’ont qu’une crainte , celle de nous déplaire »
P 277 : « La seule issue possible est la voie de la sobriété pour gagner des crédits de temps en attendant le miracle énergétique et l’accès à l’énergie illimitée des étoiles ».
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vendredi, 02 mai 2008
ROUGE BRESIL (Jean-Christophe Rufin)
Voici un roman qui a obtenu le prix Goncourt en 2001 et qui n’est donc pas une nouveauté ; mais qui est devenu , sans aucun doute , un best-seller mérité tant par son intérêt soutenu du début à la fin que par son aspect philosophique et humain
Il nous conte la conquête du Brésil par une sorte de « mousquetaire » un peu Cyrano brut de décoffrage , mais dépourvu du fond sentimental attendrissant et du panache du héros de Rostand
Au fil de la lecture nous nous attachons à la destinée des deux enfants orphelins embarqués comme « truchements »
C’est en outre un face à face entre deux civilisations : la nôtre, policée et bardée de religions ennemies, et celle des indiens proche de la nature
Extraits :
P :145 « Pour certains c’était l’espoir : toujours friands de cataclysmes , les anabaptistes dansaient sur le tillac, en prévision d’éruptions à venir au feu desquelles rôtirait le vieux monde qu’ils abhorraient »
P 243 : « Vu de ce tronc creux , dans les formidables solitudes de cette baie entourée de sauvages silencieux, nus comme aux premiers âges, Just prenait la nature de la volonté de Villegagnon Surhumain , le rêve de cette France à venir l’était à tel point qu’on pouvait seulement le tenir pour fou ou admirable.Villegagnon, avec ses outils de guerre, attaquait le bloc opaque de la nature brute avec l’enthousiasme de l’artiste qui se met face au marbre de carrière, pour en tirer une pietà »
P 320 : « Dans ce monde où la nature n’épargne à personne le spectacle de sa corruption ,où tout se compénètre ,se violente et s’engrosse ,elles étaient la virginité , la dédicace unique d’un être à la pureté,en somme des femmes avec lesquelles l’amour pouvait devenir prière »
P 435 : « Les guerres de religion sont toujours une providence pour les criminels La violence tout à coup devient sainte ; pourvu qu’ils sachent mimer la dévotion , au moins en paroles,licence leur est donnée par Dieu d’accomplir les infamies dont ils ont longtemps rêvé »
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