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vendredi, 23 mai 2008
LES PROMESSES DE LA TERRE (Michel Jeury)
Tome 1 : « Le vrai goût de la vie »
Un roman de terroir : la quotidien de Vincent un garçon de 11 ans .L’action se passe en Dordogne ( l’auteur est né à Eymet , petite ville située à 30 km de Marmande) pendant la deuxième guerre mondiale .
On y retrouve (pour ceux qui l’ont connu) le climat de paysannerie pendant ces années de guerre ,suspicion , haines , jalousies exacerbées par la privation et l’occupation .
Vincent ,fils de métayers , en fait bâtard , élevé par un père un peu rustre qui n’est pas le sien, mauvais élève à l’école , chapardeur , cherche à découvrir les mystères qui ont conduit sa mère à épouser Louis , cependant que sa mère continue à entretenir plus ou moins une relation ambigu avec son ancien amant .
Extraits : P 71 : « Rose me regardait d’un air presque maternel. Elle était un peu sale mais pas plus que moi . Personne n’avait le temps de se laver le matin , avant de partir en classe surtout l’hiver . Et il n’y avait pas d’eau à l’école , la pompe du village étant toujours à sec ou gelée. Et puis il faut avouer qu’on aimait pas trop ça ……..Je la trouvais assez jolie et elle possédait la plus grosse poitrine des filles de l’école. J’aurais bien aimé qu’elle la sorte pour moi de sous sa chemise et son tablier. »
P 208 : « La notairesse monta à la métairie un plein carton de vermicelle , de nouilles et de macaronis , ficelé sur son porte-bagages . Il faisait très chaud . On voyait la naissance de ses seins sous son corsage un peu déboutonné. Je la trouvais belle , mais je n’aimais pas le vermicelle » .
P 314 : « Martineau ….gardait de bons souvenirs du Togo et il avait donné ce nom à son chien , un berger poilu, vaillant et fidèle .Mais voila , Togo mangeait les œufs ; pour un chien de paysan c’est une tare presque aussi grave que de mordre les vaches au pis .Pour le corriger les Martineau employèrent une méthode qu’on disait infaillible .
Le patron lui mit un œuf bouillant dans la gueule et serra . Le pauvre Togo se tordit en essayant de hurler . Son maître qui avait de la poigne lui tint les mâchoires serrées ainsi deux à trois minutes sans faiblir. L’animal eut la langue et la bouche cruellement brûlée. Emilie voulut le soigner , mais il la menaçait de ses crocs quand elle approchait. Il pouvait à peine laper un peu d’eau . Il avait beaucoup maigri et il faisait pitié à tout le monde sauf à son maître. Finalement ,il est parti.
On a pensé qu’il était allé crever dans un coin .Bon débarras a dit Martineau ……..
Cinq ans après , Togo était revenu chez les Martineau, alourdi et prospère .Il s’était assis sur son derrière et les avait regardé tous , froidement sans remuer la queue . Les Martineau avaient eu peur d’une vengeance divine ou même d’une diablerie . Ils avaient donné à l’enfant prodigue une grosse soupe avec du gras. Cinq ans après, c’était à peine croyable. Et Togo le sentait bien. Il avait l’air de se moquer d’eux. Il a mangé sa soupe , puis il est parti au poulailler.
………Il est ressorti un œuf dans la gueule ……..il a dégusté son petit régal devant tous les Martineau rassemblés, qui n’osaient rien faire. Il a pris le temps de lécher le coulis sur sa patte , puis il s’est levé, s’est étiré le dos , a lâché un pet . Et les Martineau le regardaient toujours , figés et inquiets.
Alors le chien a tourné la tête une dernière fois et il est reparti. Pour toujours ».
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