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vendredi, 02 mai 2008
ROUGE BRESIL (Jean-Christophe Rufin)
Voici un roman qui a obtenu le prix Goncourt en 2001 et qui n’est donc pas une nouveauté ; mais qui est devenu , sans aucun doute , un best-seller mérité tant par son intérêt soutenu du début à la fin que par son aspect philosophique et humain
Il nous conte la conquête du Brésil par une sorte de « mousquetaire » un peu Cyrano brut de décoffrage , mais dépourvu du fond sentimental attendrissant et du panache du héros de Rostand
Au fil de la lecture nous nous attachons à la destinée des deux enfants orphelins embarqués comme « truchements »
C’est en outre un face à face entre deux civilisations : la nôtre, policée et bardée de religions ennemies, et celle des indiens proche de la nature
Extraits :
P :145 « Pour certains c’était l’espoir : toujours friands de cataclysmes , les anabaptistes dansaient sur le tillac, en prévision d’éruptions à venir au feu desquelles rôtirait le vieux monde qu’ils abhorraient »
P 243 : « Vu de ce tronc creux , dans les formidables solitudes de cette baie entourée de sauvages silencieux, nus comme aux premiers âges, Just prenait la nature de la volonté de Villegagnon Surhumain , le rêve de cette France à venir l’était à tel point qu’on pouvait seulement le tenir pour fou ou admirable.Villegagnon, avec ses outils de guerre, attaquait le bloc opaque de la nature brute avec l’enthousiasme de l’artiste qui se met face au marbre de carrière, pour en tirer une pietà »
P 320 : « Dans ce monde où la nature n’épargne à personne le spectacle de sa corruption ,où tout se compénètre ,se violente et s’engrosse ,elles étaient la virginité , la dédicace unique d’un être à la pureté,en somme des femmes avec lesquelles l’amour pouvait devenir prière »
P 435 : « Les guerres de religion sont toujours une providence pour les criminels La violence tout à coup devient sainte ; pourvu qu’ils sachent mimer la dévotion , au moins en paroles,licence leur est donnée par Dieu d’accomplir les infamies dont ils ont longtemps rêvé »
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