logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

jeudi, 20 septembre 2007

L'EMPIRE DES LARMES tome 2 (José Frèches)

LE SAC DU PALAIS D’ETE
CE deuxième tome est plus passionnant encore que le premier .
On y retrouve tous les héros au sort tragique qui nous ont ému dans la « Guerre de l’opium » .
De Shanghai à Canton et Nankin les aventures du prince Tang et de Jasmin Ethérée, de La Pierre de Lune et de Laura , Antoine Vuibert , Nash Stocklett .
C’est aussi un respect de l’auteur pour l’Histoire de la Chine qui nous ouvre des horizons sur cette période tourmentée avec le « Celeste Royaume de La Grande Paix »

Extraits :
P.26 : «Ceux qui sont forts se laissent entraîner par le courant du fleuve et ils restent vivants ; ceux qui sont faibles se mettent à lutter contre la force des aux et finissent par s’y noyer » .

P 76 : « Les famines endémiques , les ravages de l’opium ,la déliquescence de l’état Mandchou,la corruption des fonctionnaires ,y compris des juges et des policiers ,la morgue des mandarins d’origine Han, l’analphabétisme des masses , les épidémies récurrentes qui pouvaient décimer des centaines de milliers de personnes les crues dévastatrices des canaux , des fleuves et des rivières dont les berges n’étaient plus entretenues depuis des lustres ,la sécheresse qui anéantissait les récoltes ……….le déplorable statut de la femme chinoise , dont les misérables pieds brisés étaient le tragique symbole , réduite au rang de pauvre esclave domestique aliénée par le mâle , le nombre incalculable de fillettes tuées par leurs parents parce qu’elles étaient des bouches à nourrir inutiles puisqu’elles étaient destinées à appartenir à la famille de leur mari , enfin et surtout , le peu de prix qu’on accordait à la vie humaine tellement le réservoir de la population semblait inépuisable » .

P 256 : « Le Tianwan entendait régenter jusqu’au moindre détail la vie de ses ouailles ..Tout à l’édifice de son système pyramidal et totalitaire , il avait même projeté d’encadrer la population chinoise selon un système calqué sur celui en vigueur dans ses armées …….
L’alcool , le tabac et l’opium étaient ici visés . Quant aux relations sexuelles , elles étaient strictement proscrites . Un épisode illustre cet état de fait . En 1852 le prince d’Occident Xiao Chaogni fit condamner à mort ses parents après avoir appris que son père était allé chercher sa mère au camp des femmes pour passer la nuit avec elle ».

P 322 : « - Quelles sont les maladies les plus courantes des chinois ?.........
- Quand on ne mange pas assez , on a des troubles du QI ( souffle vital). Les gens qui viennent se faire soigner ont une déficience du QI nourricier qui entraîne un affaiblissement du QI gardien . Dés lors , le corps devient vulnérable aux agressions extérieures : le froid , le vent ,la pluie , les pollens printaniers !.
De la qualité d’un bon QI dépendait celles des trois autres humeurs somatiques : le sang Xue , l’essence vitale Jing , et le fluide Jinye. Le Jinye était extrait des aliments digérés par les différents organes du corps qui , à leur tour , le transformaient en différents liquides : le fois en larmes , la rate en salive , le coeur en sueur et les reins en urine » .

¨P 402 « A son enfant , on veut donner ce qu’on a reçu et aussi ce qu’on a pas reçu »
poème Fu .

En conclusion :un emprunt à Victor Hugo de cet extrait qui m’a été fourni par Agathe Jolybois (blog : www.agathejolybois.net ).


me demandez mon avis, monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l'expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l'empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d'approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.

Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici : Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde : cette merveille s'appelait le palais d'Été. L'art a deux principes, l'idée, qui produit l'art européen, et la Chimère, qui produit l'art oriental. Le palais d'Été était à l'art chimérique ce que le Parthénon est à l'art idéal. Tout ce que peut enfanter l'imagination d'un peuple presque extrahumain était là. Ce n'était pas, comme le Parthénon, une œuvre une et unique ; c'était une sorte d'énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle. Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le palais d'Été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze et de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d'eau et d'écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d'éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c'était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail des générations. Cet édifice, qui avait l'énormité d'une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l'homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le palais d'Été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les pyramides en Égypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le palais d'Été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C'était une sorte d'effrayant chef-d'œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe.
Cette merveille a disparu. Un jour, deux bandits sont entrés dans le palais d'Été. L'un a pillé, l'autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu'il paraît. Une dévastation en grand du palais d'Été s'est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d'Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu'on avait fait au Parthénon, on l'a fait au palais d'Été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n'égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l'Orient. Il n'y avait pas seulement là des chefs-d'œuvre d'art, il y avait des entassements d'orfèvrerie. Grand exploit, bonne aubaine. L'un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres ; et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l'histoire des deux bandits.

Nous Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie.

Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m'en donner l'occasion ! les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.
L'Empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd'hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du palais d'Été. J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.

En attendant, il y a un vol et deux voleurs. Je le constate.

Telle est, monsieur, la quantité d'approbation que je donne à l'expédition de Chine.
Victor Hugo, lettre au capitaine Butler
Hauteville-House, 25 novembre 1861Vous

16:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

bonjour Claude ,

tout d'abord merci pour le gentil commentaire que vous avez mis sur mon livre d'or, il m'a touché .

je viens de terminer ce second tome , c'est une merveille. .
si vous saviez combien d'endroits j'ai retrouvés , la vie n'a que peu changé là bas .

à Shanghai que l'on croit si belle et si moderne, nous avons découverts des petites rues qui datent de temps anciens , ces rues sont interdites , fermées par des grilles, mais ce n'est pas comme à Hambourg , des endroits ou se trouvent les prostituées , non ces rues sont fermées pour que l'on ne puisse pas y aller, tout va etre détruit et il ne faut pas que le touriste puisse voir .
nous avons pris le risque d'y entrer, et c'est atroce la vie là dedans , une misère incroyable, j'ai retrouvé des descriptions de JF qui collaient tout à fait à ce que nous venions de voir
et les campagnes sont tout aussi misérables que dans ces années 1800
ce texte de Victor Hugo , m'avait marquée , je ne savais pas que les Français et les Anglais avaient fait autant de mal .

avez vous lu les 6 livres précedents , le disque de jade et l'Impératrice de la Soie , ils sont aussi très intéressants, ils commencent à la période de la construction de la grande muraille , de l'armée de terre , et ils racontent aussi comment ont été cachés les documents qui ont été rapportés par paul Peilliot et qui se trouvent maintenant au musée Guimet ,
j'ai aimé aussi énormément
nous avons vu cette grotte ou se trouvaient tous ces rouleaux de soie

encore une fois merci
bonne fin de journée

Écrit par : agathe | jeudi, 20 septembre 2007

cette lecture est passionnante : je vais essayer de trouver ces livres en bibliothèque;

merci Claude et Agathe

amitiés
béatrice

Écrit par : beatrice | dimanche, 23 septembre 2007

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique